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Empire Thalvarien

De LaBoulangerie
Version datée du 13 juin 2026 à 13:15 par Hourra (discussion | contributions) (Histoire et Cycles de l'Empire Thalvarien, principal bélligérant de Panntera durant les années avant le cataclysme.)
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L'Empire thalvarien est un vaste ensemble de territoires confédérés et conquis s'étendant sur Thalvaria, la grande île située à l'ouest de Panntera.

À l'apogée de sa puissance, son influence s'étend des terres glacées du Nord jusqu'aux frontières du désert Aridien, englobant les royaumes de l'Ouest ainsi que certains Boyardats de la Confédération vagyar. Les historiens situent l'âge d'or de l'Empire aux alentours de l'an 3950 après l'arrivée des premiers humains.

Au cours de son existence, l'Empire connaît de profondes transformations qui marquent durablement l'histoire du continent et la mémoire de ses habitants. Sa position géographique constitue à la fois une force et une faiblesse : relativement isolé du continent, il doit assurer seul sa prospérité, mais cet éloignement le préserve également des nombreux pillages et conflits qui opposent régulièrement les clans du Nord.

Fondant sa richesse sur la pêche, l'agriculture ainsi que l'exploitation du fer et de l'or, l'Empire s'enrichit rapidement. À cette époque, les différentes régions de Thalvaria conservent encore une large autonomie. Malgré leurs rivalités, elles entretiennent des relations pacifiques et ne cherchent pas à étendre leurs frontières aux dépens de leurs voisines.

Cette stabilité prend fin avec l'arrivée d'un homme qui allait bouleverser le destin de l'île entière : Taïkar. Son ascension marque le début d'une longue période de conquêtes et de violences. Grâce à une organisation militaire sans précédent et aux avancées technologiques développées par les savants impériaux, l'Empire parvient progressivement à imposer sa domination sur ses ennemis.


Historiquement :

Nul ne sait réellement d'où venait Taïkar, futur dirigeant de l'Empire thalvarien. Certaines légendes racontent qu'il aurait été envoyé sur Panntera par les dieux de l'Epiverse eux-mêmes, lui accordant une légitimité divine dont il se servit pour mener à bien son projet d'unification.

Jusqu'alors inconnu, il fit son apparition à Byblos, la plus grande cité de Thalvaria. Accompagné d'une vingtaine de fidèles vêtus de noir et dissimulés sous d'épais capuchons, il s'empara de la ville par la force en exécutant son seigneur. Il proclama alors être un « Élu des Dieux », choisi pour gouverner Panntera.

Après avoir instauré son gouvernement et obtenu le serment de fidélité de ses partisans, Taïkar proclama la naissance de l'Empire de Thalvaria. Il entreprit ensuite de soumettre l'ensemble des régions de l'île, éliminant ses opposants et récompensant ceux qui acceptaient de se rallier à sa cause. Une fois son autorité solidement établie, il ordonna la construction d'une immense flotte destinée à porter la guerre au-delà du détroit de Thalvaria et à conquérir les terres de l'Est.


Premier Cycle :

La première tentative d'expansion de l'Empire se solda par un échec retentissant. Mal préparées aux conditions climatiques et à la résistance qu'elles allaient rencontrer, les armées impériales furent rapidement repoussées et contraintes de battre en retraite.

Face à cette menace grandissante, les clans du Nord mirent de côté leurs différends et unirent leurs forces. Ensemble, ils repoussèrent l'envahisseur jusqu'à la mer, événement qui contribua à la fondation du Royaume de Keithland.

Les guerriers du Nord privilégiaient les embuscades, les raids éclairs et la mobilité plutôt que les affrontements rangés. Ces méthodes, longtemps considérées comme peu conventionnelles, furent plus tard étudiées puis réutilisées par la Grande Coalition afin de frapper les lignes de ravitaillement et la logistique impériale.


Deuxième Cycle :

Furieux de cet échec, Taïkar fit exécuter ses généraux et ordonna à ses érudits de trouver un moyen d'assurer la supériorité de l'Empire sur ses ennemis.

Les savants se tournèrent alors vers l'étude de forces anciennes et méconnues susceptibles de leur offrir un avantage décisif. C'est au cours de ces recherches qu'ils découvrirent une énergie nouvelle : la Sève.

Afin d'en comprendre les secrets, ils firent ériger de nombreux temples et entreprirent de prier le Triticum dans l'espoir de voir la Sève circuler à travers leurs édifices. Peu à peu, ils furent davantage perçus comme des religieux que comme des hommes de science. Avec le temps, beaucoup d'entre eux s'éloignèrent de leur mission première. L'étude céda la place à l'ambition personnelle, et plusieurs érudits utilisèrent leur influence naissante pour s'enrichir.

Lorsque Taïkar apprit ce détournement de ses ordres, il fit exécuter la moitié d'entre eux afin de rappeler son autorité. Le Deuxième Cycle demeure ainsi associé à l'essor des mouvements religieux issus de ces savants devenus prédicateurs.


Troisième Cycle :

Après de nombreuses années d'expérimentations et d'échecs, les savants impériaux parvinrent enfin à canaliser la Sève.

Leur découverte la plus importante concernait les anciens cercles de pierre, présents sur Panntera bien avant l'arrivée des humains. En exploitant l'énergie de la Sève, ils réalisèrent qu'il était possible de voyager instantanément d'un cercle à un autre.

Cette avancée transforma radicalement la guerre.

Grâce à cette mobilité sans précédent, l'Empire lança de multiples offensives simultanées contre Cavalorn, Valmoria et Solmar. Des éclaireurs impériaux furent même aperçus aux frontières du Royaume d'Aleria.

La première grande bataille de cette campagne fut celle de la Plaine Cendrée, opposant les armées de Valmoria aux forces impériales. Malgré leur détermination, les Valmoriens furent contraints de se replier vers Cavalorn.

Forts de l'expérience de leurs nouveaux alliés et inspirés par les tactiques des clans du Nord, les troupes de Cavalorn entreprirent de couper les voies d'approvisionnement ennemies. Tous les cercles de pierre présents sur leur territoire furent détruits, forçant les troupes impériales à emprunter les routes traditionnelles.

Privées de leur principal avantage stratégique, les armées impériales devinrent vulnérables aux embuscades visant leurs convois et leurs réserves. Ce ralentissement permit aux forces de Solmar de rejoindre celles de Cavalorn. Ensemble, elles affrontèrent l'Empire lors de la Bataille des Deux Isthmes.

Le plan des alliés était simple : les troupes déployées dans les marécages du sud devaient contenir l'ennemi tandis qu'au nord, une seconde armée contournerait les positions impériales afin de frapper leur arrière-garde. Cette stratégie se révéla décisive.

Après leur victoire, les armées alliées marchèrent vers le sud afin d'intercepter une seconde force d'invasion impériale qui remontait depuis Solmar après avoir ravagé plusieurs villes.

La Bataille de Tolesa se déroula sur le plateau dominant la cité du même nom. Profitant de leur position surélevée, les troupes coalisées résistèrent aux assauts impériaux pendant que les Chevaliers de Cavalorn contournaient discrètement la forêt par le nord-ouest afin de prendre l'ennemi à revers.

Cette nouvelle victoire força Solmar et Valmoria à adopter la même mesure que Cavalorn : la destruction systématique des cercles de pierre présents sur leur territoire.

D'un commun accord, les royaumes de Panntera sacrifièrent ainsi ce réseau ancestral afin d'empêcher toute nouvelle invasion impériale.


Quatrième Cycle :

L'Empire fut brusquement stoppé dans ses tentatives d'invasion.

Privé des cercles de pierre, qui lui permettaient autrefois de déployer rapidement ses armées, Taïkar ne pouvait plus espérer remporter une victoire éclair. Pire encore, à l'image du Royaume de Keithland, plusieurs territoires avaient renforcé leur unité face à la menace impériale.

Les Boyardats du nord-est, notamment, s'étaient regroupés en une confédération dotée d'un pouvoir central afin de mieux résister à une éventuelle invasion. D'autres royaumes avaient développé leurs armées et renforcé leurs défenses.

L'Empereur choisit alors de patienter et de poursuivre ses recherches sur la Sève. Les années passèrent, et peu à peu les peuples situés à l'est de Thalvaria commencèrent à oublier l'existence de l'Empire et de son souverain insatiable.

Pendant ce temps, les savants poursuivaient leurs expérimentations. Ils cherchèrent d'abord à maîtriser la Sève grâce à la construction de nouveaux édifices capables d'en canaliser la puissance. Ils élevèrent ainsi d'immenses structures fines et élancées, si hautes qu'elles semblaient vouloir percer les nuages. Ces constructions furent nommées Obélisques.

Les premiers essais furent cependant catastrophiques. Certains Obélisques explosèrent lors d'expériences, provoquant de nombreuses victimes. Les recherches furent alors déplacées loin des villes afin de limiter les dégâts.

Parmi les érudits, un homme se distingua rapidement : Ancel. Contrairement à ses pairs, il parvint à canaliser l'énergie de la Sève et à la transférer dans d'autres structures. Lui seul maîtrisait véritablement ce procédé.

C'est grâce à cette découverte qu'il créa les premières créatures de guerre de l'Empire.

Après des années de travail, Ancel donna naissance aux Golems. Plus grands que deux chevaux réunis, ces monstres humanoïdes étaient guidés par la seule volonté de la Sève. Dépourvus d'âme, de pitié ou de peur, ils étaient capables d'écraser les défenses ennemies et de semer la terreur dans les rangs adverses. Leur résistance était telle qu'ils semblaient presque indestructibles.

Afin d'éviter les risques liés à leur transport, les Golems étaient invoqués sur le champ de bataille grâce à des fioles spéciales lancées sur leur structure inerte. La créature prenait alors vie au moment opportun.

Mais Taïkar désirait davantage.

Il exigea d'Ancel une seconde création : une bête rapide, discrète et meurtrière, capable de traquer ses ennemis avant même qu'ils ne puissent réagir. Le savant s'attela à la tâche et donna naissance aux Traqueurs. Ces créatures, semblables à d'immenses loups, pouvaient se déplacer aussi bien sur deux que sur quatre pattes. Hautes de près de deux mètres et plus rapides qu'un cheval lancé au galop, elles chassaient en meute et excellaient dans les embuscades.

Taïkar comptait les utiliser pour harceler les convois ennemis, couper les lignes d'approvisionnement et reproduire contre ses adversaires les tactiques qui l'avaient autrefois humilié dans le Nord.

Fort de ces nouvelles armes, l'Empereur décida de modifier sa stratégie. Son ambition demeurait intacte, mais il comprenait désormais qu'il lui faudrait davantage de patience et de méthode pour parvenir à ses fins. Au lieu de lancer plusieurs offensives simultanées, il choisit de concentrer toute sa puissance sur un seul territoire à la fois. La nouvelle invasion débuta en Valmoria.

Grâce à ses créatures de guerre, l'Empire conquit le royaume en moins de deux semaines. Les armées valmoriennes furent balayées, incapables de faire face à une force aussi écrasante.

Les royaumes de Solmar, Cavalorn, Aleria et Aridia condamnèrent l'agression et menacèrent de représailles. Mais la puissance grandissante de l'Empire inspirait davantage la peur que le courage. Aucun souverain n'était prêt à risquer son propre territoire dans une guerre ouverte contre Taïkar.

Après Valmoria, l'Empire tourna son regard vers Solmar. Désireux de contrôler toute la côte ouest afin d'établir des ports et de sécuriser la liaison avec Thalvaria, Taïkar lança une nouvelle campagne. Malgré une résistance acharnée, le roi de Solmar finit par déposer les armes après plusieurs semaines de combats sanglants.

Il ne restait alors plus qu'un obstacle : Keithland.

Au-delà de l'intérêt stratégique de ses riches mines du Nord, ce royaume représentait pour Taïkar une blessure personnelle. C'était là qu'il avait subi sa première défaite, et il entendait bien prendre sa revanche.

Les armées impériales débarquèrent au sud-ouest du royaume et progressèrent pendant plusieurs jours sans rencontrer la moindre résistance. Keithland les attendait.

Prévenus de l'invasion, les habitants avaient évacué les régions méridionales et préparé d'immenses pièges. De gigantesques fosses avaient été creusées afin d'engloutir les Golems, tandis que les soldats s'étaient équipés de longues piques de quatre mètres pour repousser les charges des Traqueurs.

La bataille eut lieu à Kalburn, sur une vaste plaine aujourd'hui recouverte par une forêt. Retranchés derrière leurs défenses improvisées, les défenseurs résistèrent aux assauts répétés des forces impériales. Pendant ce temps, une troupe de cavaliers légers contourna discrètement le champ de bataille pour frapper l'arrière-garde ennemie.

Pris entre deux feux, les soldats impériaux furent mis en déroute. Comme lors de la première invasion, les survivants s'enfuirent vers la mer dans l'espoir d'embarquer à bord des navires qui les ramèneraient loin de cette terre devenue le symbole de leurs échecs.


Cinquième Cycle :

Malgré cette nouvelle défaite, Taïkar n'avait aucune intention d'abandonner ses ambitions. Au contraire, voir ses armées revenir vaincues ne fit qu'alimenter sa colère.

Dans un accès de rage, il menaça d'exécuter ses savants s'ils ne trouvaient pas rapidement un moyen de vaincre ses ennemis. Ancel et ses collaborateurs redoublèrent alors d'efforts.

De son côté, l'Empereur étudiait minutieusement les causes de ses revers. Valmoria et Solmar étaient tombés rapidement. Les Golems avaient accompli leur tâche avec une efficacité redoutable. De nouveaux ports et de nouvelles villes fortifiées avaient été construits le long de la côte ouest, assurant à l'Empire une présence durable sur le continent.

Pourtant, encore une fois, tout s'était brisé contre Keithland. Les Golems étaient puissants, mais leur taille les rendait faciles à repérer et leur lenteur permettait à l'ennemi de préparer des pièges. Quant aux Traqueurs, ils demeuraient redoutables dans les escarmouches et les embuscades, mais perdaient leur avantage face à des formations disciplinées équipées de lances ou de piques.

Taïkar comprit alors une leçon essentielle : l'unité faisait la force. Les clans du Nord lui avaient déjà enseigné cette vérité lors de sa première défaite. Désormais maître de l'ouest du continent, il devait trouver un moyen de briser l'unité de ses futurs ennemis avant même le début des combats.

La Confédération vagyar étant encore récente et l'union des Comtés de l'Est particulièrement fragile, l'Empereur décida d'encourager les rivalités et les tensions internes. Son objectif n'était plus seulement la conquête militaire : il souhaitait affaiblir ses adversaires de l'intérieur.

Dans la Confédération, il espérait trouver des alliés parmi les provinces orientales. Dans les Comtés de l'Est, il comptait alimenter les conflits jusqu'à provoquer une guerre civile, qu'il utiliserait ensuite comme prétexte pour intervenir sous couvert de maintenir l'ordre.

Pendant que Taïkar préparait ses intrigues, Ancel poursuivait ses recherches.

Il découvrit que la Sève réagissait mieux aux êtres vivants qu'aux constructions artificielles, tout en présentant moins d'instabilité. Après de nombreuses expériences, les premiers essais sur des humains furent concluants.

Les sujets ayant absorbé une fiole de Sève voyaient leur force, leur vitesse et leur endurance augmenter de façon spectaculaire. Leurs sens devenaient plus aiguisés, et ils pouvaient combattre pendant des heures sans ressentir la fatigue ni le besoin de dormir.

Satisfait de ces résultats, Taïkar décida de réserver ce privilège à ses meilleurs guerriers et à ses plus fidèles serviteurs.

Il forma ainsi une unité d'élite chargée de sa protection personnelle : la Garde Pourpre, reconnaissable à ses longues capes écarlates et aux riches ornements de ses armures.

Cependant, la Sève exigeait un prix terrible. Nombreux étaient ceux qui mouraient peu après avoir absorbé la potion. D'autres sombraient dans la folie, corrompus par la puissance qu'ils avaient reçue, allant parfois jusqu'à se retourner contre l'Empereur lui-même.

Il fut alors décidé que seuls les individus les plus résistants et les plus loyaux seraient autorisés à recevoir ce don. On les nomma les Séides.

Rares mais redoutables, ils devinrent rapidement l'atout le plus précieux de l'Empire.

Les expérimentations se poursuivirent afin d'en découvrir les limites. Les Séides continuaient à se battre malgré des blessures qui auraient dû les tuer. Certains poursuivaient le combat avec une épée plantée dans le ventre ou une flèche fichée dans la poitrine. D'autres continuaient même après avoir perdu un membre. Ils ne semblaient plus ressentir la douleur.

La seule manière de les arrêter consistait à leur trancher la tête. Pour Taïkar, ces guerriers représentaient la réponse aux fantassins légers du Nord. Mais ils demeuraient vulnérables face aux chevaliers de Cavalorn.

Ces cavaliers lourdement armés figuraient parmi les meilleurs combattants du continent, et même les Séides peineraient à les vaincre sans équipement adapté.

L'Empereur ordonna donc à ses savants de trouver un moyen de mieux protéger ses guerriers d'élite. Ancel concentra alors ses recherches sur des objets de taille réduite.

Après plusieurs années d'expérimentations, il parvint à enfermer la Sève dans des armures. Le résultat dépassa toutes les attentes.

Les pièces ainsi imprégnées devenaient presque indestructibles. De faibles éclairs parcouraient parfois leur surface, témoignant de la puissance enfermée en leur sein.

Le procédé fut ensuite appliqué à des épées, des haches et à d'autres équipements militaires.

Les Séides disposaient désormais d'armes capables de fendre les meilleures armures du continent et de protections surpassant tout ce qui existait jusque-là.

Enfin, Taïkar pouvait également compter sur les armées levées dans les territoires conquis. Bien qu'elles fussent moins bien équipées que ses propres soldats, elles représentaient une masse de combattants considérable, idéale pour épuiser l'ennemi avant l'engagement des forces impériales.

Tout était désormais prêt. L'invasion finale pouvait commencer.


Sixième Cycle (final):

Avant de lancer sa grande invasion, l'Empereur voulait que tout soit prêt. Il ne se laisserait pas vaincre une nouvelle fois. Plutôt que de concentrer ses forces dans une seule offensive, il frapperait sur plusieurs fronts à la fois tout en brisant les pactes et les alliances de l'Est.

Ses efforts avaient déjà porté leurs fruits dans les Comtés de l'Est. Certains territoires avaient fait sécession et combattaient désormais leurs propres compatriotes dans une guerre civile sanglante.

Taïkar ne pouvait pas encore envahir directement ces terres, au risque d'offrir à leurs habitants une raison de s'unir contre lui, mais leur instabilité les empêcherait d'apporter leur aide aux royaumes qu'il s'apprêtait à conquérir.

À la grande satisfaction de l'Empereur, la Confédération vagyar vacillait elle aussi. Depuis la mort du roi Balta Ier, l'ordre de succession était contesté par plusieurs boyards désireux de s'emparer de la régence. Certains avaient même quitté la Confédération et tentaient d'annexer les terres de leurs voisins.

Content de la tournure des événements, Taïkar fit le point. La deuxième puissance militaire du continent, la Confédération vagyar, était désormais hors d'état de nuire. Trop occupée par ses luttes internes, elle laisserait à l'Empire le champ libre pour soumettre les territoires restants. Quant aux peuples marginaux retranchés sur leurs îles de l'Est, ils ne représentaient pas une menace immédiate.

L'Empereur divisa donc ses forces en trois armées distinctes :

La première quitterait directement Thalvaria pour rejoindre Keithland et écraser définitivement les clans du Nord avant de prendre Talburg, leur capitale.

La deuxième serait séparée en deux contingents. Le premier débarquerait en Valmoria afin de marcher sur Cavalorn, tandis que le second entrerait dans la Baie des Trois Rois pour prendre à revers les forces qui tenteraient de lui résister.

Enfin, la troisième armée contournerait le continent par le sud afin d'envahir la principauté d'Aleria. Une fois celle-ci conquise, elle devait progresser vers le nord et soumettre Alstad.

À terme, seuls demeureraient la Confédération vagyar, que Taïkar comptait pacifier par d'autres moyens, les Comtés de l'Est et l'Empire d'Aridia, destiné à devenir l'ultime adversaire de Thalvaria. Mais l'Empereur savait qu'il devait d'abord avancer étape par étape, en soumettant les territoires les plus proches.


Conquête de Keithland :

La première armée atteignit rapidement les côtes de Keithland. S'attendant à une résistance acharnée, Taïkar avait placé de nombreux Séides parmi ses troupes.

La première bataille, livrée près du château de Keriak, fut une défaite terrible pour les défenseurs. Les forces impériales encerclèrent leurs ennemis sur le lac gelé et les massacrèrent sans pitié.

La seconde et dernière grande bataille eut lieu au pont de Stirliad, à quelques kilomètres seulement de la capitale. Les Séides s'y illustrèrent particulièrement, offrant la victoire à l'Empire. Bien que les défenseurs résistèrent avec courage, plusieurs clans refusèrent de rejoindre le combat, encore traumatisés par le massacre de Keriak. Leur abandon scella le destin de Keithland, qui tomba en quelques jours.

L'Empereur plaça à la tête du pays un seigneur local acquis à sa cause. L'armée impériale, désormais renforcée par des hommes du Nord, rejoignit ensuite les forces engagées plus au sud contre Cavalorn, dont la résistance se révélait bien plus féroce que prévu.


Grande Coalition :

Après la chute de Keithland et le début de l'invasion de Cavalorn, le roi d'Asfold chercha du soutien auprès de ses nobles et appela ses vassaux à l'aide. Il dépêcha également des messagers aux quatre coins de Panntera afin de rallier les royaumes encore indépendants, mais aussi les peuples déjà soumis à l'Empire.

Nombreux furent ceux qui répondirent à l'appel. Des guerriers venus de tous les horizons accoururent vers Cavalorn. Un contingent d'Alstad arriva par la mer et fit jonction avec les forces cavalorniennes lors de la Deuxième Bataille du Lac de Lorn.

Malgré l'issue incertaine de cet affrontement, d'autres combattants rejoignirent progressivement la résistance. Des soldats venus de territoires déjà conquis, notamment de Valmoria, de Solmar, et même certains clans de Keithland, se rallièrent aux armées de Cavalorn pour repousser l'Empire.

L'union de ces différents peuples permit de renforcer les rangs coalisés et de gagner un temps précieux pour préparer Asfold au siège. Mais plus encore, elle fit douter Taïkar.

Pour la première fois depuis longtemps, l'Empereur comprit que sa domination n'était pas inévitable. La Grande Coalition se délita d'elle-même lorsque Asfold tomba. La majorité de ses soldats furent tués au combat ou exécutés après la prise de la capitale. Seuls quelques guerriers du Nord et d'Alstad parvinrent à s'échapper, fuyant par bateau ou profitant du chaos provoqué par la mise à sac de la ville.


Guerre de Cavalorn :

L'annexion de Cavalorn fut plus difficile qu'escompté.

Bien que le royaume fût divisé en plusieurs territoires, chacun dirigé par un seigneur ou un baron, le roi conservait une autorité forte et pouvait rapidement rallier ses vassaux à sa cause. Cette unité permit à Cavalorn de résister longuement aux incursions impériales.

La campagne s'éternisa au point que l'armée partie soumettre Keithland finit par rejoindre le front pour prêter main-forte aux forces déjà engagées.

Après de nombreuses batailles et des pertes considérables, les armées impériales arrivèrent finalement aux portes d'Asfold, la capitale.

Le siège de la capitale dura plusieurs années. Il tourna à l'avantage de l'Empire lorsque les troupes venues des principautés de l'Est arrivèrent en renfort pour soutenir les assaillants.

La guerre prit fin lors de la charge héroïque des Chevaliers de Cavalorn, qui sortirent de la ville dans une ultime tentative de briser le siège, grâce à l'appui des force de la Grande Coalition.

Ce fut une victoire pyrrhique pour l'Empire. Cavalorn tomba, achevant la conquête des territoires de l'Ouest, mais les pertes furent si lourdes que Taïkar ne put lancer immédiatement son invasion contre les Comtés de l'Est et la Confédération vagyar.


Annexion des principautés d'Aleria et d'Alstad :

La troisième armée, chargée de soumettre les deux principautés, connut davantage de succès que les forces engagées à l'ouest.

La politique de Taïkar visant à désorganiser les territoires orientaux portait ses fruits. Les principales maisons d'Aleria acceptèrent de se soumettre à l'Empire en échange de l'unification des deux principautés sous l'autorité d'un prince-régent alérien, placé sous la tutelle directe de l'Empereur.

Certaines maisons d'Alstad refusèrent cette domination et prirent les armes. Mais divisées, incapables de rassembler leurs forces sous une bannière commune, elles furent rapidement écrasées par l'ost impérial de l'Est lors de la bataille d'Hornbourg.

Une fois la nouvelle principauté soumise, l'armée impériale quitta la région, accompagnée de troupes principalement composées de soldats d'Aleria, afin de marcher sur Cavalorn et de soutenir le siège d'Asfold.

Alors que le siège de Cavalorn approchait de sa conclusion, soutenu par les forces fraîchement arrivées des principautés orientales, Taïkar poursuivait ses manigances. Son désir de pouvoir semblait ne plus connaître aucune limite.

Satisfait de l'efficacité des Séides et des armures imprégnées de Sève qui les protégeaient, il conçut une nouvelle ambition : créer plusieurs artefacts capables de le rendre invincible.

Il ordonna une fois encore à Ancel de façonner des objets chargés de la magie de la Sève, chacun doté d'un pouvoir propre.

Le premier de ces artefacts fut le Bracelet de Byblos. Son porteur pouvait générer autour de lui une barrière protectrice, semblable à un cocon sombre, capable d'abriter plusieurs personnes dans son rayon. L'expérience fut un succès, mais elle révéla rapidement plusieurs dangers.

D'abord, nul ne pouvait porter plusieurs objets magiques à la fois. Ancel le découvrit lorsqu'il fit attacher deux bracelets aux poignets d'un prisonnier utilisé pour ses expériences. L'homme commença à se décomposer sous leurs yeux avant d'imploser, détruisant une grande partie des geôles.

À la suite de cet incident, Ancel décida de ne créer qu'un seul exemplaire de chaque artefact, chacun possédant un pouvoir unique.

Le second problème concernait l'exploitation même de la Sève. Depuis des années, les Obélisques étaient utilisés sans retenue, et l'enchantement d'objets magiques exigeait une quantité colossale d'énergie. Peu à peu, leurs surfaces commencèrent à noircir. Dans les villes voisines, des habitants tombèrent malades sans que personne ne comprenne pourquoi.

La méthode de contagion demeurait inconnue. Les victimes semblaient frappées au hasard : jeunes et vieux, hommes et femmes, riches et pauvres. Même les animaux et les plantes commencèrent à dépérir.

Les symptômes étaient terrifiants. De larges taches noires apparaissaient sur le corps des malades, dont la chair semblait pourrir lentement. Cette peste fut appelée la Maladie du Charbon.

Aveugle au sort de son peuple et grisé par les découvertes d'Ancel, l'Empereur exigea davantage. Il voulait d'autres objets magiques, qu'il offrirait à ses plus fidèles serviteurs afin qu'ils demeurent à ses côtés en tout temps.

Ancel était cupide, égoïste et avide de pouvoir, à l'image de son maître. Mais il savait aussi que l'exploitation de la Sève provoquait désormais des maladies. Il sentait l'air devenir lourd, vicié, presque putride.

Pourtant, sous la menace de Taïkar, il poursuivit ses travaux.

Parmi les artefacts qu'il créa figurait la Bague Temporelle. Elle permettait à son porteur d'ouvrir un portail sur une courte distance, qu'il pouvait franchir avec plusieurs compagnons.

Vint ensuite le Diadème de Démence, capable de provoquer chez une cible des crises de folie, des hallucinations, et parfois même de la pousser au suicide.

Ancel forgea également les Lames du Chaos, de fines lames projetées vers leur cible. Il suffisait que l'une d'elles touche sa victime pour provoquer une mort immédiate. La Sève contenue dans l'arme semait le chaos dans l'esprit et le cœur du condamné, aspirant sa vie en quelques instants.

Puis, à la demande personnelle de l'Empereur, Ancel créa une couronne destinée à rendre son porteur invulnérable aux attaques physiques. Tant que Taïkar la porterait, ses blessures se refermeraient d'elles-mêmes, même les plus mortelles.

Mais chaque création exigeait un sacrifice plus lourd que la précédente. Des centaines de personnes mouraient autour des Obélisques, emportées par la Maladie du Charbon. Plus Ancel façonnait d'artefacts, plus le phénomène s'aggravait.

Puis vinrent les catastrophes naturelles. Des religieux commencèrent à accuser publiquement l'Empereur, au mépris de leur propre vie. Selon eux, ces fléaux étaient la colère des dieux, et l'exploitation de la Sève devait cesser immédiatement.

Taïkar les fit tous exécuter pour hérésie. Puis il ordonna à Ancel de poursuivre.

Tenant à sa vie, le savant créa un nouvel objet : le Heaume de Sève. Celui qui le portait pouvait maîtriser l'énergie de la Sève et déplacer des objets sans les toucher, même les plus lourds.

Après la création de cet artefact, d'immenses raz-de-marée se déchaînèrent et rasèrent plusieurs villes à travers Panntera. Des centaines de vies furent emportées pour satisfaire les désirs insensés d'un Empereur devenu esclave de sa propre soif de pouvoir.

Désormais fanatique de la Sève, Taïkar ne quittait presque plus son palais. Il passait des jours entiers à contempler ses artefacts, fasciné par leur puissance. Et il en voulait toujours plus.

Ancel se jura alors qu'il ne créerait plus qu'un seul objet magique, le plus puissant de tous : la Chaîne Ardente. Son porteur pouvait contrôler le feu à volonté, le faire naître dans l'air à partir de la Sève, sans avoir besoin d'un Obélisque à proximité.

Mais ce pouvoir avait un prix terrible. À chaque utilisation, son détenteur se consumait peu à peu. Sa chair se dégradait, certaines parties de son corps brûlaient, et son existence même semblait se réduire en cendres.

Ancel commit cependant une erreur. Comme pour les précédents artefacts, il décida de tester l'objet sur un prisonnier avant de le confier à un serviteur de l'Empire. Mais l'homme profita du pouvoir de la Chaîne Ardente pour incendier les laboratoires, les geôles et une partie du donjon.

Plongé dans une folie meurtrière, il se mit à embraser la ville, calcinant les habitants sur place. Une partie de Byblos partit en fumée. Taïkar remit alors ses objets magiques aux fidèles qu'il avait choisis et leur ordonna d'abattre le pyromane. Mais même eux ne purent rien contre la rage d'un homme enfin libéré, rendu fou par la Sève et par des années de captivité.

Le prisonnier parvint à s'enfuir. Nul ne sut jamais ce qu'il devint, et l'artefact qu'il portait ne fut jamais retrouvé.

Après le désastre de Byblos, Taïkar exigea une fois encore qu'Ancel crée un nouvel objet magique.

Cette fois, le savant comprit qu'il devait fuir. L'Empereur avait sombré dans la folie. Il ne percevait plus les dangers qui s'accumulaient autour de lui, ni les catastrophes qui frappaient déjà le monde. Ancel savait qu'il devait sauver sa vie avant que Taïkar ne décide de l'exécuter, ou qu'un nouveau désastre ne s'abatte sur eux.

Il rassembla ses affaires et chargea sa fortune dans une diligence impériale. Il paya grassement le cocher, espérant que celui-ci ne le trahirait pas.

La voiture s'apprêtait à franchir les portes de Byblos lorsque la terre se mit à trembler.

Depuis quelques jours, aucune catastrophe majeure n'avait frappé la ville, bien que la Maladie du Charbon continuât de faire des ravages. Mais cette fois, ce fut comme si le monde lui-même cédait.

Le séisme fut d'une violence inimaginable. Des maisons s'effondrèrent d'un seul bloc. Partout sur le continent, les habitants furent jetés au sol, et d'innombrables bâtiments furent réduits en poussière en quelques secondes.

Lorsque la terre cessa enfin de trembler, Ancel sortit de la diligence pour chercher le cocher. Il remarqua d'abord qu'une roue avait été arrachée, puis s'avança vers l'avant du véhicule. Un immense pan de muraille s'était écroulé à quelques mètres de lui. Sous les pierres, il aperçut la main du cocher. Le pauvre homme n'avait eu le temps de faire que quelques pas avant d'être fauché.

Ancel prit alors ses jambes à son cou et s'enfuit hors de la ville. Quelques minutes plus tard, la terre trembla de nouveau, avec une intensité plus terrible encore.

D'immenses tsunamis surgirent des côtes et rasèrent tout sur leur passage. Jamais personne n'avait vu de vagues aussi hautes. Certaines passaient par-dessus les murailles et atteignaient les tours des donjons.

La vie sur Panntera fut balayée en quelques heures, après des milliers d'années d'histoire.

Ce fut une fin brutale, impartiale, égale pour tous : nobles comme roturiers, soldats comme paysans, souverains comme mendiants. Les rares survivants se relevèrent au milieu des ruines, incapables de reconnaître le monde qui les entourait. Les arbres avaient été arrachés. Les villes avaient disparu. De certaines des plus grandes cités, il ne restait même plus de ruines. Les animaux eux-mêmes avaient été emportés par les flots.

Et comme pour rappeler l'origine du désastre, la surface de Thalvaria fut entièrement ravagée. Il ne resta presque rien de la surface l'île qui avait vu naître l'Empire. Les Obélisques, brisés par les séismes et les tsunamis, éclatèrent les uns après les autres. L'Empire thalvarien disparut sans laisser de véritable tombeau.

Mais les faits demeuraient.

Par la seule folie de sa grandeur et de ses ambitions, Taïkar avait laissé sur Panntera une empreinte que nul ne pourrait jamais effacer. Il avait condamné tout un continent pour sa seule avidité.